Ils savent

En silence

se souriant, se regardant

Aux creux d’halètements sourds

serrés, noués

Dans un rire sonore

qu’honore le voisinage

Ils s’aiment

Rendu

L’idée de l’amour s’est répandue en moi

Depuis je puise dans le monde

ce dont l’amour se nourrit

J’aimerai à en mourir

au moment de rendre au monde

son mystère

Ciel

Dorénavant entre nous

entre l’astre et la Terre

un ciel meurtri

Trace

Brûlée, la forêt

Je trace au fusain

l’écho du dernier iceberg

Langue

Le temps tempête

Une langue languit

Sauront-ils refaire leur nid?

Cet espoir

L’été retient tout

du printemps qui se gonfle

L’entasse dans son vent

ses nuages et ses nuits

L’été sait savourer

sa gloire et ses fleurs

Leur donne à boire

à vivre et à rêver

L’été retient tout

du printemps qui se meurt

De mes passions

déjà longtemps passées

ne reste plus rien

sinon l’espoir dont je me souviens