Un de deux tiers

le bois, le cuir et la lumière

le verre, la porcelaine et le liège

la sève, le cristal et l’argent

le sang, la laine et le lin

l’ivoire, l’encre et la lavande

l’aura, le soufre et la parole

la pierre, le pollen et le lichen

le plomb, le calcaire et la pluie

la surface, l’angle et le segment

Écrire

Je n’aurai plus de papier

pour écrire dans ma langue

mais j’aurai la craie

pour maudire celles des autres

Tout aïku

Les mots parlent d’eux-mêmes

Ils parlent d’eux-mêmes

ignorant la vie des hommes

De syllabes en liaisons

ils racontent comment

les choses ne se passe-passent

Pas de d’eux mais enlacent

le néant à son essence

la vie à son silence

Un point sait tout

Le sommeil du lys

Derrière les rideaux

l’ennui des pièces vides

Dans le vieux manoir

les poutres craquent

en échos débordant d’ivresse

Sur les murs, que des rides

de brique et de papier

Plus un meuble où s’asseoir

pour y bercer le soir

Seul un lit se repose

Sur lui, doucement s’immisce

le souvenir des roses

et le spectre du Lys