Disponible

Avec la lucidité

d’une citare égarée

dans un siècle blindé

il y a des cinglés

qui font des enfants

rien qu’en posant

leurs mains

sur des orphelins

ou en fredonnant

l’air du temps

à la jeunesse

disponible.

Je t’entends

Prends cette serpe

et ce sac de jute

Le trèfle t’attend

Il est d’or et déjà

le soleil frappe

le zénith que voilà

Vas !

La source est toujours là

et les pierres rondes

comme l’amour et le monde

Je t’entends.

Tu fredonnes malgré toi

et le trèfle t’attend

Lumières

Un peu de lumière

pour retrouver l’univers

à travers le smug de Shanghai

Un peu de lumière

pour mes frères et mes pères

à travers la poussière militaire

de l’aciérie, de la scierie, de la Syrie

dans toutes les Libye de nos limbes

et ma lubie libertaire

Une peu de lumière

pour le partage des exiles

à travers la grisaille du white trash nord-américain

pour qu’elle nous exhalte

vers la verdure d’une jeunesse à nommer

vers une grande architecture tectonisée

Un peu de lumières

pour s’esclaffer de rire de Rio à Riyad

de la rivière à la rizière

à travers le gâchis des oligarchies

Entre le Nord et le Sud

de la carte magnétique

et l’étique maligne

des porte-folios trop tropicaux

Un peu de lumière

pour que luise ton œil, ta larme et ta vie

à travers le chagrin que j’ai versé sur toi

cette nuit, ce matin, aujourd’hui

Que scintillent ces mots

romantiques, élégiaques et névralgiques

à travers les tics et les tacs du retardement ambiant

Pour que quand le Grand Soir viendra

ni la nuit ni le monde ne tombe