Anse Affluence

Le fleuve vert s’en va
La bise s’y coule
Comme l’onde se moule
À l’œil du jour

Le fleuve ouvert
Sur le golf agité
Rempli de lumière
Que les marées baisent

Un fleuve de vers
Vert-de-gris
Brandit des récifs
Sur ces côtes fières

Ce fleuve va vers
La mer tuméfiée
Qui toujours emporte
Son eau et sa vie

Parmi les jours

Le matin coulait

le long de nos murs monochromes

et ton corps inerte

jouait la beauté tragique

des décès à venir

Ont germé quelques doigts

et éclos des prunelles

dans ce samedi parmi les jours

Une foi

douceur grégorienne

dans l’espace inodore

avec la force austère

des pierres mystiques

prend les formes fermes

des prières que j’adore

pour que la musique musique

pour le monastère torse nu

 

chant de l’instant recueilli

pour l’écho qui s’endort

sur l’oreiller de bois

près des fenêtres à l’affût

de l’aube qui ne pointe

que pour la rosée de soie

pour la faire éclore

une fois de plus

INERTE

les demi-silences

de la porte entr’ouverte

m’ont laissé voir et surprendre

le ronflement de ton rêve

 

un soupir prophétique

une sorte de trêve

a baissé ses yeux immenses

au gonflement de tes membres

 

j’ai promis des danses

fortes comme la cendre

pour caresser l’âme inerte

de ta nuit follement brève

Sans fuir

A quel rythme bat ton cœur ?

A quelle vitesse tourne ton sang ?

Combien de temps pour

parcourir ton bonheur ?

Combien de temps

sans fuir ton malheur ?

Dans tes lourdes artères

le feu, l’eau et la terre

Dans tes fines veines

mon souffle, mon rire et ma peine