Gelé

Il en a coulé de l’eau

sous les pompons de l’enfance

Les larmes ont givré les rêves

L’hiver les a concassés

ajoutés à son obscure dessein

Les échos crispés d’espoirs lointains

gelés à jamais d’une oreille à l’autre

Halètements saccadés d’un souffle ébahit

Coeur figé dans son étonnement

 

Un bonheur

Le bruit des ombres

enterre le coeur

des restes du vacarme du jour

Sur l’humus moite et meuve

germeront cette nuit

d’étranges pousses neuves

Avant que l’espace ne bascule

qu’avec lui la nuit ne sombre

Aura vécu sans amour

un bonheur

L’es-tu

Es-tu moins seul dans la foule

Es-tu plus fort dans la foulée

Es-tu moins fou dans la forteresse

Es-tu plus ou moins en détresse

quand tout brûle et tout s’écroule

L’amour s’endort

S’il faut que tu haïsses

hais la haine

Si tu dois souffrir

souffre de la douleur

des autres

S’il faut que tu vieillisses

revisite l’épitaphe

de ton enfance

Puisses-tu mourir ainsi

comme l’amour s’endort

Le pont chancelle

Temps mauve

que les nues meuvent

dans chaque alcôve

de ma chair veuve

Comme la baie l’appelle

au sein de sa tristesse

le pont chancelle

au moindre écho

de ma détresse

Sonnait

Tout sonnait faux

on a tout refait

l’accoustique

Maintenant

tout sonne folk

Même nos torts

nous échappent